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La vie nous éloigne Nous rend fou Elle met des montagnes Entre nous On suit notre chemin Et d'un coup On est si loin De chez nous Rien ne s'arrête... La vie nous entraîne Sans arrêt Et sur nos yeux ne sème Que des regrets Où sont passés les rêves de notre enfance Les paysages dessinés par les anges en silence REFRAIN Rien ne s'arrête D'autres vies continuent D'autres parler sans taire Pour ceux qui se sont tues Rien ne s'arrête Les amours se décollent Et même si l'on regrette Le temps lui continue son vol Rien ne s'arrête La vie s'avance On fait des erreurs Mais pas dans l'sens Qu'indiquait notre coeur On se dit : "Cette fois j'ai compris" Et l'on s'en tête à l'infini... REFRAIN On a eu en nous tant d'espérance Malgré la peur Même si nos rêves s'achèvent en silence Je crois qu'ils continuent ailleurs... REFRAIN x 2
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- Est-ce que cela a été difficile d’éliminer des titres pour le Best of ? - Ma maison de disques voulait déjà, il y a huit ans, que j’en sorte un, mais je trouvais ça prématuré. Et puis, je n’aime pas l’idée du « meilleur » d’une carrière, je préfère dire « le plus connu ». Avec plus de temps, le choix des morceaux s’est fait naturellement et presque dans l’ordre du succès, sauf pour « Mademoiselle chante le blues », qui est la dernière version, très acoustique, sur scène. - De quand date « Rien ne s’arrête », la seule chanson inédite de l’album ? - C’est un morceau récent et simple que j’ai choisi comme un clin d’œil à mon parcours de 1987 à aujourd’hui. Si c’est d’abord une chanson d’amour positive -on peut se séparer, mais la vie continue-, elle symbolise aussi qu’à l’heure d’un best of, je pense déjà à la suite. - Reprendre certains titres anciens vous procure-t-il toujours le même plaisir d’interprète ? - Les plaisir est intact à partir du moment où les arrangements changent. J’aurais, par exemple,, du mal à refaire la version originale de « Mon mec à moi ». Mais je ne rejette pas le passé et il faut juste savoir évoluer avec le temps. - Trois mélodies marquantes de votre carrière… - « Mademoiselle chante le blues », car tout à commencé avec elle. « Il me dit que je suis belle », qui marque la rencontre avec Jean-Jacques (Goldman, NDLR) et, enfin, « Entrer dans la lumière ». Même si ce n’est pas un texte triste, comme je l’ai dédié à mes parents disparus, il garde donc pour moi une certaine résonance. - Pourquoi avoir choisi certains titres en version scénique ? - « Les chansons commencent » avait plus la pêche en « live ». «L’ aigle noir » n’existe que comme ça et il a marqué le public. J’ai interprété ce classique de Barbara avec Pascal Obispo pour les Restos du Cœur. Ensuite, on me l’a réclamé sur scène. Donc, avec mes musiciens, nous l’avons ajouté. « L’Aigle noir » s’est presque imposé de l’extérieur. - Quel est le bilan de ces quatorze années de chansons ? - L’important c’est de durer ! Au début, on attend avec peur les chiffres des ventes, mais, ensuite, même si le dernier disque s’est moins vendu que les précédents, on retient surtout l’amour du public. Je sais qu’on m’aime. Cette fidélité et cet amour me touchent. Si demain je vends moins d’albums, je réagirai différemment sans doute. Mais je vis au présent, donc je ne me pose pas la question. - A quand un nouvel enregistrement ? - Pas avant 2003. En revanche, juste avant la sortie du film de Claude Lelouch, nous publierons l’album des chansons qui sont dans l’histoire, c’est-à-dire des reprises en anglais de grands classiques français : Ne me quitte pas, Mon homme, Et maintenant, Love Story ou encore Les feuilles mortes…
Propos recueillis par François Cardinali TV Hebdo n° 761 du 2/11/2001
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E.C. Platine n°85 - Novembre 2001
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Artiste record. Avec quatorze millions de disques vendus à travers le monde, Patricia Kaas est la chanteuse francophone la plus connue à l’étranger. Son premier film « And nos Ladies and Gentlemen », réalisé par Claude Lelouch, sera à l’affiche en mars prochain. Et son best of « Rien ne s’arrête », sorti le 9 octobre, est déjà disque d’or en France. Un nouveau triomphe pour elle. Solitaire, triste, mystérieuse, la Lorraine collectionne les étiquettes. Pourtant, dans sa vie privée, elle semble heureuse. Célibataire, malgré les rumeurs, mais enfin épanouie. En novembre 2001, nous l’avons rencontrée dans un hôtel parisien au lendemain de son retour de Londres, où elle venait de finir l’enregistrement de la BO du film. Patricia Kaas est le genre de femme qu’on vouvoie. Un statut de grande dame qui pourrait finir par lui peser.
- Votre best of s’intitule « Rien ne s’arrête »… Pour rassurer vos fans qui vous voient partir vers le cinéma ? - Ce best of, ce n’est pas pour tourner un page. Après quatorze ans, ma relation d’amour avec mon public n’est pas près de s’arrêter. A partir du moment où on est connu dans la musique, dès la première ou la deuxième année, on reçoit des propositions de films. Jusqu’ici, j’avais toujours refusé. - En quatorze ans, comment a évolué Patricia Kaas ? - La différence se situe sur scène. On me disait froide, timide. Dans mon dernier concert, je parle enfin aux gens. Plus que les chiffres de vente, ma vraie réussite, c’est de tenir si longtemps. - Claude Lelouch dit que vous êtes « une femme pleine de cicatrices ». - Que j’ai sûrement dans mon regard. Ces cicatrices existent : je viens d’une grande famille, d’un milieu modeste. J’ai perdu ma maman et mon papa très jeune. A 20 ans, j’ai dû construire ma vie moi-même. Ça se lit dans le regard. On dit parfois de moi : « Même quand elle sourit, elle a une certaine tristesse. » - Vous avez réalisé le souhait de votre mère, qui vous avait dit : « J’aimerais te voir grande ! » - Peut-être que si ma mère n’avait pas eu cette maladie, je ne serais pas là. Je n’aurais pas eu cette volonté. - La fille que vous jouez pour Claude Lelouch, c’est vous ? - Jane me ressemble. C’est une fille assez triste, déçue par la vie, par ses amours. Elle gagne sa vie en chantant. Lelouch et moi avions aussi tous les deux envies de grandes chansons françaises réarrangées et enregistrées en anglais. C’est ainsi qu’est né la BO du film. - Vous ne vous reposez donc jamais ? - Quand on a pris son petit déjeuner à 3 heures de l’après-midi, qu’on a zappé mille fois devant la télé, on s’ennuie… Et on n’a rien fait de concret. - Vous ne vous épanouissez donc que par le travail ? - Peut-être. - Aujourd’hui, on fabrique des stars de la chanson à vitesse grand V à coups d’émissions de télé. - Ces émissions permettent à des gens de montrer leur talent. Il n’y a plus d’auditions, et la cassette qu’on envoie a une chance sur cent d’être écoutée. Ce qui me dérange, c’est qu’on colle à une gamine de 17 ans, qui a fait un tube, des bodyguards et une limousine. C’est ridicule, c’est faux ! Moi, c’est la scène qui me faisait rêver. - Vous avez souvent changé d’allure. - Aujourd’hui, mon look et ma coupe de cheveux des débuts me font rigoler. Comme ce mimétisme avec Marlène Dietrich… Il y avait des maquilleurs, des coiffeurs qui s’occupaient de moi et je pensais qu’il savaient ce qu’ils faisaient. Je n’étais pas bien dans ma peau. Je me suis cherchée en oscillant entre le glamour et le très moderne comme à l’époque de l’album « Dans ma chair ». Aujourd’hui, je suis plus sexy, car plus naturelle. - Pourquoi avoir posé avec Jeremy Irons de manière si complice ? - Nous étions conscients des retombées. Je voulais une photo pour la pochette du best of, de dos avec un bijou. Je devais être torse nu. Comme on a fait cette séance pendant le tournage, le même jour, il fallait aussi faire des photos avec Jeremy. La mise en scène était jolie, on s’est dit pourquoi pas. Après, ça peut être interprété. - C’était évident… - Dans le clip « Il me dit que je suis belle », j’embrasse un mec, ça n’a jamais posé de problème. Je ne vis avec personne, alors les gens cherchent. - Vous avez été épargnée par les ragots. - J’ai vécu six ans avec le même homme. La première année, on nous a pris en photo, la deuxième c’était toujours la même, la troisième aussi… Avec Jeremy, il y a eu cette photo du bisou volé à la sortie du China White, un club londonien… Ce n’était que le bisous d’au revoir de la fin de tournage. Autour s’est créée une histoire. Qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Moi, ça ne me pose pas de problèmes, je n’ai personne dans ma vie. Mais Jeremy est un homme marié ! - Vous faites peur aux homme ? - La femme indépendant fait peur. La femme connue complexe les hommes. Une femme qui va seule dans un bar boire un verre, c’est encore plus louche. Quand je bois un verre avec quelqu’un de sympa, je sens qu’il a une petite appréhension. Mais je comprends ce genre de réaction. En 1990, quand Alain Delon m’a demandé de l’accompagner au Festival de Cannes, je me suis dit : « Moi, avec un mec comme ça… » alors qu’il ne m’avait rien demandé d’autre ! - Comment vous séduire ? - Je n’en sais rien. Ça étonne que je sois célibataire. Mais bon, je ne suis pas à plaindre. Je suis heureuse. - Pourquoi vivez-vous à Zurich ? - J’y vis depuis un an. Je voulais m’arrêter un moment, ce que je ne pouvais pas faire en France car, ici, si on m’appelle pour faire une télé, un concert, j’accepte car j’aime ça. Et puis j’aime le côté franco-allemand de Zurich qui me rappelle mon enfance. Je suis plus proche de ma famille. - Et l’anonymat ? - Non, j’ai choisi un pays où on me connaît un peu. Ça fait partie de ma vie que l’on m’arrête dans la rue. - Si vous écriviez l’histoire de vote vie ? - Ce serait l’histoire d’une personne qui vivait dans l’ombre de quelqu’un, qui s’est cherchée et qui aujourd’hui s’est trouvée.
Recueilli par Matthias Gurtler VSD N° 1267 (du 6 au 12 décembre 2001)
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Kathleen Lavoie Le SoleilQuébec
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Les salons de l'hôtel Costes à Paris sont remplis de stars. On ne sait si c'est parce qu'elles aiment s'y croiser que, le même jour, on peut tomber sur Mylène Farmer prenant un verre avec Robert DeNiro et Isabelle Adjani mangeant des croissants toute seule... En tout cas, on est rarement déçu quand on vient ici. Le jour de notre interview avec Patricia, on a pu saluer Zucchero et Guillaume Canet, l'un des nouveaux séducteurs du cinémafrançais. Contrairement à la plupart de ses confrères, Patricia n'avait encore jamais sorti de best-of! En quatorze ans de carrière... On le sait, l'idée d'un best-of émane, en général, de la firme de disques, pas de l'artiste lui-même. Dans le cas de Patricia, depuis des années, elle repoussait lebest-of car, elle attendait, dit-elle, d'avoir suffisamment de chansons que les gens connaissent vraiment. "Je n'aime pas les best-of où il y a cinq chansons connues; et le reste, c'est du remplissage." Patricia ne sait pas trop ce qu'est un hit, "une chanson qui s'est beaucoup vendue ou que l'on a beaucoup entendue ?", mais elle en compte au moins dix-sept sur ce C.D. qu'elle a voulu simple d'allure. Il compte, cependant, un titre inédit, fruit du travail d'auteurs ayant déjà fait leurs preuves auprès d'Hélène Ségara. "Rien ne s'arrête", cela dit simplement que lorsqu'une histoire d'amour se termine, on peutpasser à autre chose, tout ne s'arrête pas.Une pensée pour son ex, le Belge Philippe Bergman, avec qui elle aura, certainement, vécu une belle histoire... "Je me suis sentie aimée" Si ses premiers pas sous les projos se firent sur la musique de Mademoiselle chante le blues, Patricia estime que son premier vrai gros succès populaire est Mon mec à moi. "Aujourd'hui, cela me fait bizarre d'entendre cette chanson dans les arrangements de l'époque. Mais je sais qu'encore maintenant, c'est une des chansons les plus appréciées du public, y compris du public jeune." Lorsqu'on jette un coup d'oeil aux chansons retenues, on s'aperçoit immédiatement qu'il y eut une période Barbelivien, une période Goldman et une courte période Obispo. "Je ne sortirai pas de nouvel album studio avant 2003; donc, je n'ai encore aucune idée des auteurs et des chansons que je retiendrai. C'est encore très loin. Je suis très ouverte à toutes les propositions. Mais, d'ici là, je sortirai un album-concept avec toutes les plus grandes chansons françaises interprétées en anglais! Elles ont été choisies par Claude Lelouch et arrangées par Robin Millar, avec qui j'avais déjà travaillé dans le passé. Parmi ces chansons, il y a, évidemment, "Ne me quitte pas", "Que reste-t-il de nos amours?", "Les feuilles mortes","Hier encore j'avais vingt ans."' Dans And now ladies and gentlemen, le film de Lelouch, Patricia incarne une chanteuse de piano-bar. Son premier rôle au cinéma."La seule fois où j'avais accepté un projet de film, c'était pour une bio romancée de Marlène Dietrich réalisée par Stanley Donen; mais, malheureusement, il n'avait pas trouvé le financement pour le faire." D'après sa principale interprète, le film contient des éléments de polar, de comédie musicale et de romance. "Au début, j'avais peur. Je me souviens des premiers jours où je me retrouvais entourée de Lelouch, Claudia Cardinale et Jeremy Irons, tout ce monde du cinéma que je ne connaissais pas. J'espérais être à la hauteur. J'ai eu de la chance parce qu'ils sont très généreux. Je me suis sentie aimée" "Qui est cette femme dans les bras de Jeremy Irons?" Patricia pense déjà à la promo de ce film encore en cours de montage..."J'aimerais donner des petits spectacles avec les chansons du film. Je pense à une petite tournée. Au lieu de faire soixante dates en France, j'en ferai dix; et, plutôt que de chanter au Zénith, je choisirai des salles plus intimes. J'envisage de venir aussi en Belgique. Ce sera une petite parenthèse dans ma carrière." Une rumeur, largement véhiculée par la presse à potins, a fiancé Patricia avec son partenaire de cinéma, le Britannique Jeremy Irons. "On a fait le dîner de fin de tournage à Londres. Quand on est sorti de l'établissement, on s'est donné un petit bisou sur la bouche. Une image que les paparazzis anglais n'ont pas ratée. Là-bas, les titres de la presse étaient: "Qui est cette femme dans les bras de Jeremy Irons? En tout cas, ce n'est pas sa femme!" Quand on travaille autant avec des gens pendant quelques mois, c'est normal de se faire un petit bisou sur la bouche." Pour que l'info soit complète, Patricia embrasse aussi Lelouch... Plus sérieusement, l'expérience a plu à la demoiselle mais elle ne fantasme pas déjà sur une double carrière. Ses rendez-vous avec la scène et son public commencent à lui manquer. Pour la première fois depuis qu'elle bosse, Patricia a tenté une année sabbatique, amputée toutefois par les mois de tournage. "Les deux premiers mois, c'était génial. Je n'avais pas de planning. Mais, après, je me suis un peu ennuyée. Quand on ne fait rien, on n'est motivée par rien. J'étais fatiguée de ne rien faire." Une question de pratique, sûrement. Patricia Kaas chante depuis l'âge de huit ans... Joëlle Lehrer.
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